dimanche 27 juillet 2008

Univers et Néant

Nuit du 23 juillet 2008.

3h30 du matin.

Le ronronnement paisible du ventilateur ne parvient pas à atténuer le vacarme assourdissant qui explose dans les tympans du jeune homme. Les doigts crispés, il se contortionne en gardant les yeux fermés, comme pour se forcer à dormir. La respiration paisible de la personne couchée à côté de lui reste inaudible, il n'y a que ce vacarme, ces cris, ces questions, ces apocalypses.

Il ouvre les yeux mais ce n'est pas cette vaste pièce éclairée paisiblement par un lampadaire extérieur qu'il voit mais le défilement de ses pensées. Une multitude d'éclairs, d'arbres des possibles, de théories, de bibles et d'articles scientifiques défilent à toute vitesse dans l'air, comme des hologrammes.

Il pense à cette personne endormie à ses côtés, qui ne soucie pas de tout ça. Il l'envie. Il envie ces gens endormis. Ils sont paisibles et n'y pensent jamais.
Jamais.
Mais lui, ce jeune homme maigrichon trempé de sueur a fait la bêtise de vouloir comprendre, de vouloir analyser. La soif du savoir impossible le consume nuit et jour alors que les questions les plus banales lui transpercent le corps, comme des couteaux. Comment tout ça est arrivé ? Son esprit s'égare sur l'énorme rocher qu'il voit depuis sa fenêtre. Comment s'est-il créé ? A-t-il été sculpté par l'homme ? d'Où vient l'homme ? Comment une anatomie aussi complexe que l'homme ou l'animal a pu voir le jour ? Comment la terre, bille flottante au centre du vide, a-t-elle pu se créer et construire un eco système aussi extraordinaire ? Comment l'Univers a-t-il pu voir le jour ?

Univers.

Ce mot est son préféré. Et pourtant, il arrive à le craindre. Trop lourd de questions.

Univers.

Qu'est-ce qu'il y avait avant ? Le Vide ? Le Tout ? Qu'est-ce qui a pu créer ce pour quoi il vit ? Qu'est-ce qui a pu provoquer un ordre aussi parfait ?
Il s'immobilise, cherchant la réponse désespérément. Rien.
Le néant.
Peut-être qu'il y avait le néant avant l'Univers. Peut-être qu'il y aura le néant après l'Univers.
Ou bien maintenant.
Il ferme les yeux, hurlant intérieurement alors qu'un sanglot déchire le silence ou se perd dans l'apocalypse du Big Bang.

Néant.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Hmm hmm, très très intéressant, j'aime tout, du faux regard extérieur sur ce "jeune homme", jusqu'aux interrogations auxquelles il est enchainé, des angoisses bien connues et appétissantes à la lecture ...(malheureusement,à vivre c'est moins bien ><)

On retiendra la dernière phrase qui pour moi a beaucoup de rythme:

"Il ferme les yeux, hurlant intérieurement alors qu'un sanglot déchire le silence ou se perd dans l'apocalypse du Big Bang." On les visualisent bien, ces mots, ils frappent, au sens propre comme au sens figuré, notre esprit !

T'arrêtes pas en si bon chemin, tu sais que les réflexions sur les angoisses et les questions des uns et des autres, c'est mon terrain préféré ! Alors continues !